La règle de trois est souvent utilisée
en humour. Lorsqu'une plaisanterie est divisée en trois parties, les
deux premières servent à « l'amorce » et la troisième devient «la chute
».
Souvent les blagues que l'on se raconte
entre amis comportent trois éléments. L'aviez-vous déjà remarqué ? Par
exemple, « Il était une fois, trois gars qui rentrent dans un bar. » ou
encore « Le génie lui accorda trois souhaits. ».
Parfois on ne mentionne pas
spécifiquement trois facteurs, mais l'histoire comprend bien trois
parties. Par exemple :
1- Un cultivateur québécois reçoit la
visite de son cousin cultivateur du Texas et il lui montre sa terre. «
Tu vois mon cousin, ma terre commence à cette clôture et se termine à
la rangée d'arbres tout au fond là-bas. »
2- Le Texan lui répond avec son accent
anglais: « C'est un beau terre mon cousin. Mais chez moi au Texas, je
pars en automobile d'un bout de mon terre au lever du soleil et la
soleil se couche avant que je n'arrive à l'autre bout de mon terre. »
3- Le Québécois lui répond, « Je te
comprends mon cousin. J'ai déjà eu une voiture comme ça ! »
Dans notre exemple, les deux premières
parties servent à construire ce qu'on appelle « l'amorce » de la
blague. Autrement dit, il s'agit de la mise en situation. La dernière
partie est « la chute », le côté comique qui nous fait rire. Analysons
chacun des éléments de cette blague.
La première partie dépeint la scène. On
y présente les personnages - dans ce cas-ci un Québécois et un Texan.
On indique aussi le lien qui les unit : nos deux compères sont
cultivateurs. Et finalement, on campe l'action, donc la première partie
: le Québécois décrit fièrement la superficie de sa terre.
La deuxième partie est similaire à la
première. Dans l'exemple donné, le Texan décrit lui aussi fièrement la
superficie de sa terre. Cette répétition est nécessaire si l'on veut
que l'auditeur anticipe une troisième partie identique aux deux
premières.
Enfin, la troisième partie représente la
chute. C'est ici qu'on amène l'élément de surprise. Lorsque le conteur
termine sa blague avec une troisième partie dont le sens diffère
complètement des deux premières, l'auditoire est surpris et éclate de
rire. Dans notre exemple, la conversation sur la superficie d'une terre
se transforme en réflexion sur les problèmes de mécanique automobile !
Vous pourriez obtenir le même effet
comique en utilisant la règle de trois lors d'une énumération. Par
exemple, « J'aime les sports extrêmes : l'alpinisme, le parachutisme,
le mariage... »
Essayez la règle de trois pour inclure
de l'humour dans votre texte. Utilisez la première partie pour décrire
la situation ; répétez la même action en deuxième partie et
surprenez-nous à la fin ! C'est une technique très efficace.